Joie de Noël, Episode 1, Les achats

Même les moins perspicaces d’entre vous – et ils sont nombreux – auront remarqué que nous approchons dangereusement de la période de Noël. Quelques petits indices se glissent insidieusement dans votre quotidien comme ce collègue gros et rouge (le père Noël?) à l’humour décapant qui souhaite à qui veut l’entendre un « Noyeux Joël! héhéhé! » ou encore votre esthéticienne qui tout en vous épilant la moustache vous a demandé si « vous avez fait vos achats de Noël ?« .

Noël !

Le père noël boit aussi des cocktails !

Ô joie des achats de Noël! Il y a du monde, des lumières moches qui clignotent, il fait chaud et un type hurle dans un micro. Non, vous n’êtes pas à L’Aquarium – boîte de nuit-Karaoké –   mais aux Galeries Lafayette un 20 décembre, et c’est bien une mère de famille – bien sous tous rapports –  qui vous tire par la capuche de votre parka en moumoute pour choper le dernier Ours Martin accessoirisé par Marc Jacob – un cadeau indispensable et peu cher donc.

Vous êtes une personne raisonnable et vous ne souhaitez pas céder à la panique comme tous ces matérialistes superficiels qui courent dans les rayons – avec une petite veine au coin de la tempe tellement ils se sont mis la pression pour tout acheter « dans les temps« . Vous flânez donc au milieu de la foule à l’étage Gourmet quand un type vous bouscule. Il passe devant vous en courant et hurle « C’est la fin du monde ! » puis il cache son visage dans ses mains et fond en larmes – sans doute que le pauvre homme n’a pas réussi à trouver la Barbie Princess Poney Fleurs Paillettes que sa fille a commandée…

Face à un tel mouvement d’angoisse vous vous dites qu’il serait judicieux de quitter les lieux le plus vite possible.  C’est alors  que vous apercevez, de l’autre côté du rayon, sur son présentoir la DERNIÈRE bouteille d’huile de homard indispensable à votre recette de crevette à la mayonnaise. Seriez-vous en train de perdre votre sang froid ? Ni une, ni deux, vous vous mettez à courir entre les acheteurs – au passage vous n’hésitez pas à vous fendre d’une petite « balayette » à l’encontre de ce type qui semble s’approcher trop près du rayon des huiles de cuisine. Arrivé dans le rayon, une vieille dame commence à tendre son petit bras vers VOTRE bouteille. Grâce à un réflexe instinctif vous mettez un petit coup de pied dans son caddie à roulette et profitez de sa distraction pour attraper votre Graal du jour. Vous éclatez d’un rire démoniaque en jetant un oeil sournois à la petite dame qui décide alors de vous mettre un coup de canne dans le genou gauche. Vous vous effondrez  dans un hurlement de douleur, sans lâcher votre précieux, et décidez tout de même de ramper sur les coudes – « c’est pathétique ! » murmurent certains clients en vous regardant passer.  Une fois à la caisse – fier de vous – vous tendez l’objet à la caissière en pleurant d’émotion.

Bref, autant d’émoi et de sauvagerie pour en arriver à cette simple conclusion : pour vos achats de Noël, utilisez internet!

L’épisode 2 des joies de Noël portera sur une question essentielle : Comment  fourrer sa dinde ? Bon appétit les amis !

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